mercredi 17 mai 2017

3 ans

Je me rappellerai toute ma vie ce samedi 17 mai 2014.

J'avais passé une très mauvaise nuit, et à 5h, n'y tenant plus, je me suis levée sans faire de bruit. Enfin, c'était le jour J, le jour de la prise de sang clôturant notre FIV2 bis. J'étais morte de trouille. C'est toute tremblante que j'ai sorti le test de grossesse du fond du placard. Je n'en avais que très peu fait durant notre parcours. Mais nous avions une fête de famille le midi, un anniversaire dans une salle des fêtes. Je voulais avoir le temps de me ressaisir un peu, ou du moins de faire bonne figure, bref je voulais être fixée au plus tôt.

J'ai attendu pendant d'interminables minutes. Rien. J'étais au bord des larmes. Et puis, enfin, une petite barre est apparue. Si pâle, si fine... Après avoir tourné le test dans tous les sens sous la lampe du salon, j'ai couru réveiller mon chéri pour le lui montrer. Je me rappelle qu'il était sceptique, ne croyait pas trop en cette barre qu'on distinguait à peine. Comme il était trop tôt pour partir au labo, on s'est recouchés, mais je n'ai évidemment pas dormi. Une tempête d'émotions me traversait. L'euphorie, la peur d'y croire, l'angoisse de perdre ce petit espoir...

Dans la matinée j'ai fait la prise de sang. Puis nous avons pris la route, direction la fête de famille. Sans savoir si nous allions la passer sur un petit nuage ou dans un brouillard noir... Mon chéri conduisait, moi j'avais le numéro du labo à la main et je ne cessais de regarder l'horloge digitale de la voiture, qui avançait avec une lenteur désespérante. A midi pile, enfin, on s'est garés sur le côté. Et j'ai appelé... c'était positif. Sur le coup, on n'arrivait pas vraiment à comprendre, à y croire. On s'est serrés très fort dans les bras. C'était tellement irréel! On était un peu sur la réserve, tellement angoissés à l'idée que tout s'arrête... 

Mais la roue venait bien de tourner. 9 mois plus tard, ma fille était dans mes bras.

Je ne remercierai jamais assez la science pour ce petit miracle.

samedi 22 avril 2017

Cicatrices

C'est le cœur léger que nous avons repris hier matin le chemin de l’hôpital. Un an après le dernier rendez-vous, nous devions revoir le chirurgien qui a opéré Pâquerette pour faire un point sur sa cicatrisation. Qui est très bonne. Certes, ce n'est pas très esthétique, mais là où c'est situé, franchement, on s'en fiche. Notre fille n'a plus mal du tout et, contrairement à nous, ne se rappelle même plus de cet épisode traumatisant. Elle vient seulement de découvrir pendant le bain qu'elle avait une cicatrice sur le haut de la fesse. Donc on lui a expliqué, le plus simplement possible. Elle était un peu inquiète, nous en a reparlé pendant quelques temps, demandant à voir les photos que j'avais prises à l’hôpital, mais maintenant c'est terminé. Elle a intégré qu'elle avait eu un gros bobo quand elle était bébé, que que le docteur l’avait soignée, et que maintenant c'était guéri. Et elle le raconte à qui veut l'entendre!

Pâquerette savait donc parfaitement ce qu'on venait faire à l’hôpital, et elle était même plutôt à l'aise. Elle a adoré la salle d’attente plein de jouets, et, le plus surprenant, n'a pas versé une seule larme pendant l'examen. Alors qu'elle pleure toujours lors des visites chez la généraliste - adorable en plus - qui la suit depuis sa naissance... Elle grandit ma poulette. Je suis très fière d'elle, et elle n'était pas peu fière, elle aussi! Donc selon le chirurgien, le processus de cicatrisation se passe très bien. Prochain rendez-vous dans trois ans, elle a le temps d'oublier à nouveau le milieu hospitalier, et c'est tant mieux!

Nous concernant, nous n'allons pas tarder à remettre un pied dedans, notre retour en PMA étant fixé pour le 30 mai, ça va arriver vite. J'ai hâte et en même temps, la peur de chambouler l’équilibre retrouvé. Je me sens tellement bien dans ma vie en ce moment, la PMA semble loin derrière moi, enterrée, cicatrisée. Laissant une trace, oui, mais qui ne fait plus mal. 

Comme l'impression que ma cicatrice à moi risque de se rouvrir...


vendredi 3 mars 2017

Dans les starting blocks

Le temps finit par avancer finalement. Les jours rallongent, les bourgeons commencent à pointer le bout de leur nez. Ce n'est pas encore le printemps, mais on sait qu'il ne va pas tarder. Autour de moi, les bébés pleuvent. Un petit garçon le mois dernier, une petite fille née mercredi, et une autre de prévue pour juin... J'ai félicité. J'ai acheté des petits cadeaux. J'ai fait des gouzis gouzis. J'ai plutôt bien géré en fait, malgré quelques larmes vite camouflées. Mais tous ces nouveaux nés ont réactivé chez moi cette envie dévorante de pouponner. 

Je piaffe d'impatience comme une gamine qui attend d'aller à Disney Land! Et je me demande quand téléphoner pour prendre un rendez-vous. Mon chéri a dit OK pour fin mai ou début juin, je ne veux pas appeler trop tôt, ni appeler trop tard et perdre du temps... bref, j'attends encore un peu. Pis après il y aura l'attente du rdv, puis l'attente de la FIV, puis l'attente des résultats... Bref, après presque 3 ans à vivre normalement, je vais renouer avec l'attente. Mais auprès de ma puce, le temps passe tellement plus vite!


lundi 6 février 2017

2 ans

Déjà deux ans que notre petite puce m'a fait devenir une maman, deux ans qu'elle illumine notre vie, deux ans que nous formons une famille. Même si j'essaie de profiter de chaque instant, il faut admettre que ça passe très vite! 

La semaine dernière, j'ai trié des photos, et j'ai découvert quelque chose qui m'avait échappé, ou plutôt que j'avais aperçu, de loin, sans vouloir m'y attarder vraiment... Pâquerette n'est plus un bébé. Oui je sais bien que je ne suis pas originale, dans la catégorie "mère qui ne voit pas son enfant grandir". Vous pouvez vous moquer. Mais punaise, depuis qu'elle marche, elle a tellement changé! 

Pâquerette n'a vraiment abandonné le quatre pattes que début octobre, ça fait donc quatre mois qu'elle trotte fièrement sur ses deux jambes, refuse la poussette et parcours des distances de plus en plus longues. C'est une petite fille joyeuse et gourmande, qui adore les animaux, le chocolat, dire "badaboum!!", lire des histoires avec papa et maman, jouer à "dache-dache", patouiller dans l'eau, le sable, la terre, faire de la peinture, de la pâte à modeler... Prudente et réservée, elle n'aime pas les situations nouvelles, les bruits forts, l'aspirateur. Décidée, elle sait ce qu'elle veut (et ne veut pas) et nous le fait désormais savoir à grand renfort de NON. Ses progrès en langage sont fulgurants! Il y a encore pas si longtemps, elle n'utilisait pour communiquer qu'un petit stock de mots (maman, papa, tata, miam, boum, non), assorti de nombreux bruitages et gestes de son invention. Depuis deux mois environ, elle a commencé à répéter et maintenant on tourne à 4 ou 5 mots nouveaux par jour! Et elle formule depuis peu des petites phrases de 2 mots, comme "beau château", "doudou lapin"...

Bref, elle a changé du tout au tout. La crevette collée à moi 24h/24, l'allaitement que j'aurais tant aimé faire durer, les tout petits bodys, les premiers gazouillis, il y a tellement longtemps que tout ça, c'est fini! Aujourd’hui je suis l'heureuse maman, non plus d'un bébé, mais d'une petite fille qui pousse comme un champignon et porte du 3 ans. Des fois quand j'étends ses vêtements sur le fil à linge, je me dis que c'est impossible que cet immense pantalon aille à mon bébé! Et pourtant si. J'adore la nouvelle Pâquerette, celle qui s'invente des histoires avec ses Playmobils, joue au loto, aux puzzles, nous fait des bisous, des câlins, et même des "spectacles", mais j'avoue que j'ai quand même une pointe de nostalgie... revivra-t-on un jour ces premiers mois si particuliers, avec un autre bébé?

Pâquerette a donc soufflé sa deuxième bougie ce soir, pour notre plus grand bonheur... et le sien!

Joyeux Anniversaire mon poussin.