lundi 26 juin 2017

La première claque...

Mes règles, pour une fois très attendues, sont enfin arrivées, et j'ai pu aller faire mes examens.

Samedi matin, c'était prise de sang. Comme nous avons déménagé il y a 2 ans, j'ai changé de laboratoire. Exit le vieux labo tout gris et tout sombre, bienvenue dans un bâtiment neuf, lumineux, avec une salle d'attente de toutes les couleurs. Aller faire la prise de sang a presque été un plaisir, pour moi qui déteste ça. Pâquerette a été adorable pour l'occasion, malgré les 30 minutes d'attente (j'avais oublié l'histoire du temps de repos!). Bref, c'était la PMA en mode Bisounours. Mais ça n'a pas duré...

Aujourd'hui, à 10h45, j'avais rdv pour l'échographie et le comptage des follicules. J'ai stressé toute la matinée, craignant de n'avoir que très très peu de follicules. Dans la salle d'attente, la pression est montée d'un cran. J'avais un mauvais pré-sentiment. L'infirmière qui m'a demandé de me déshabiller dans la petite cabine était pourtant très gentille. "Allongez-vous, le docteur va arriver." Au nom du docteur, je me suis rappelée que le courant ne passait pas avec celui-là. Qu'il était très froid. J'avais un mauvais souvenir de la dernière écho avec lui, souvenir que j'ai essayé de repousser tout au fond de mon cerveau. Installée les fesses à l'air dans la petite salle glaciale, j'ai attendu...

Enfin le grand manitou est arrivé. L'échographie a duré 3 minutes chrono, et le verdict est tombée:
- 5 follicules à l'ovaire gauche
- 0 à l'ovaire droit, ovaire assez petit apparemment (atrophié?)
Et c'est tout. 

Et le monde qui se dérobe sous mes pieds. Plus qu'un seul ovaire qui fonctionne. Seulement 5 follicules, alors que j'en avait 11 à mon dernier comptage en 2012. Assez pour être accepté en FIV? Assez pour avoir la moindre chance que ça fonctionne? Ma première réaction a été de pleurer. Dans la cabine en me rhabillant. Dans les toilettes où j'ai couru me cacher. Dans la voiture en retournant au boulot. Dans les bras de mon chéri.

Puis je me suis posée. J'ai réfléchi. J'ai relu mes comptes-rendus des FIV précédentes. D'accord, 5 follicules, c'est pas énorme, mais j'ai jamais eu de récoltes beaucoup plus faramineuses, même sous traitement! Ça tournait toujours à 6/7 follicules aux échos. Et d'ailleurs, lors de ma dernière FIV, je n'avais (déjà!) pu compter que sur l'ovaire gauche, puisque l'ovaire droit avait un kyste. Et on a quand même réussi à avoir Pâquerette. 

Alors ce soir, l'espoir renaît. Peut-être auront-nous droit à un deuxième petit miracle?

J'attends maintenant avec impatience et appréhension les résultats du bilan sanguin...

mercredi 31 mai 2017

Back in PMA

Je n'avais pas oublié le parking petit et mal fichu qui t’oblige à faire trois fois le tour de l’hôpital pour trouver une place. La froideur du bâtiment, son sol vinyle jaune, moche et abîmé. Les affiches dans la salle d'attente. Ce bureau dans lequel on m'a annoncé que mes (rares) ovocytes n'étaient clairement pas terribles. Le visage de la gynéco. 

En revanche, ce que j'avais oublié, c'est le nombre hallucinant de femmes enceintes au mètre carré (beaucoup trop). Et le fait que je ressortais toujours déçue des rendez-vous.

Ce premier rdv n'a pas fait exception à la règle. La gynéco était moins chaleureuse que dans mes souvenirs. Je l'avais imaginée plus souriante, plus heureuse de nous voir, posant des questions sur Pâquerette... Comme si elle n'avait que ça à faire. Comme si elle n'avait pas eu à traiter 247 854 patients depuis notre dernier passage. Et puis, comme d'habitude, je m'étais trop projetée. Oui, je l'avoue, j'imaginais déjà que j'allais ressortir de là-dedans avec un protocole de FIV sous le bras. Rien que ça...

La gynéco a eu vite fait de me faire redescendre sur Terre. "Oh, là! Mais votre dernier bilan date de 2012 (début de mon parcours PMA dans mon 1er centre), il  va falloir le refaire. Et vous savez, la fertilité évolue en 5 ans (sans blagues). D'autant que vous ne répondiez pas bien aux traitements si je me rappelle bien (Bim! Prends-toi ça dans les dents.). Donc en fonction du bilan, on verra si on se relance en FIV (ou pas!)."

J'avoue que j'avais envisagé que les FIV puissent foirer, mais pas du tout la possibilité qu'on ne veuille même pas de nous. A 30 ans, on pourrait nous fermer la porte au nez? Ça m'a mis un petit coup au moral. Surtout qu'on n'a pas de plan B. Autant on avait envisagé le don d'ovocyte avant Pâquerette, autant pour un deuxième enfant, il n'en est pas question (pour le moment, faut jamais dire jamais). 

On est sortis de l’hôpital avec nos ordonnances sous le bras. Un peu sonnés. 6 mois d'attente, 3h de route dans la journée, pour ça. A peine 10 minutes de rendez-vous. J'avais oublié qu'on était des numéros. Des gouttes d'eau au milieu de l'océan de patients que brasse le service PMA. 

Tout compte fait, il y a beaucoup de choses que j'avais oublié.

Bref, y'a plus qu'à passer des coups de fil et prendre rdv pour les examens. Et à croiser les doigts pour que mes résultats soient bons. Surtout mon AMH, qui n'était déjà pas terrible y'a 5 ans. Et ça, je m'en rappelle très bien...

dimanche 28 mai 2017

Prémonitoire?

Pâquerette aime beaucoup dessiner, mais je crois que ce qu'elle préfère c'est me demander de dessiner des choses. Parfois un peu compliquées pour mes piètres talents de dessinatrice (genre, "Maman, dessine une fusée!" Mais bien sûr!) 
L'autre jour, je devais dessiner des personnes. Papa d'abord, puis Maman, Pâquerette bien sûr, puis un bébé (?), puis Papy, puis Mamie. Je m'exécute donc. Quand je lui demande la prochaine personne à dessiner, elle me répond :
- "Non, c'est fini. C'est bon, y'a tout le monde!"
J'espère tellement que ce bébé gribouillé au stylo rose viendra faire partie de notre famille...


mercredi 17 mai 2017

3 ans

Je me rappellerai toute ma vie ce samedi 17 mai 2014.

J'avais passé une très mauvaise nuit, et à 5h, n'y tenant plus, je me suis levée sans faire de bruit. Enfin, c'était le jour J, le jour de la prise de sang clôturant notre FIV2 bis. J'étais morte de trouille. C'est toute tremblante que j'ai sorti le test de grossesse du fond du placard. Je n'en avais que très peu fait durant notre parcours. Mais nous avions une fête de famille le midi, un anniversaire dans une salle des fêtes. Je voulais avoir le temps de me ressaisir un peu, ou du moins de faire bonne figure, bref je voulais être fixée au plus tôt.

J'ai attendu pendant d'interminables minutes. Rien. J'étais au bord des larmes. Et puis, enfin, une petite barre est apparue. Si pâle, si fine... Après avoir tourné le test dans tous les sens sous la lampe du salon, j'ai couru réveiller mon chéri pour le lui montrer. Je me rappelle qu'il était sceptique, ne croyait pas trop en cette barre qu'on distinguait à peine. Comme il était trop tôt pour partir au labo, on s'est recouchés, mais je n'ai évidemment pas dormi. Une tempête d'émotions me traversait. L'euphorie, la peur d'y croire, l'angoisse de perdre ce petit espoir...

Dans la matinée j'ai fait la prise de sang. Puis nous avons pris la route, direction la fête de famille. Sans savoir si nous allions la passer sur un petit nuage ou dans un brouillard noir... Mon chéri conduisait, moi j'avais le numéro du labo à la main et je ne cessais de regarder l'horloge digitale de la voiture, qui avançait avec une lenteur désespérante. A midi pile, enfin, on s'est garés sur le côté. Et j'ai appelé... c'était positif. Sur le coup, on n'arrivait pas vraiment à comprendre, à y croire. On s'est serrés très fort dans les bras. C'était tellement irréel! On était un peu sur la réserve, tellement angoissés à l'idée que tout s'arrête... 

Mais la roue venait bien de tourner. 9 mois plus tard, ma fille était dans mes bras.

Je ne remercierai jamais assez la science pour ce petit miracle.