samedi 22 avril 2017

Cicatrices

C'est le cœur léger que nous avons repris hier matin le chemin de l’hôpital. Un an après le dernier rendez-vous, nous devions revoir le chirurgien qui a opéré Pâquerette pour faire un point sur sa cicatrisation. Qui est très bonne. Certes, ce n'est pas très esthétique, mais là où c'est situé, franchement, on s'en fiche. Notre fille n'a plus mal du tout et, contrairement à nous, ne se rappelle même plus de cet épisode traumatisant. Elle vient seulement de découvrir pendant le bain qu'elle avait une cicatrice sur le haut de la fesse. Donc on lui a expliqué, le plus simplement possible. Elle était un peu inquiète, nous en a reparlé pendant quelques temps, demandant à voir les photos que j'avais prises à l’hôpital, mais maintenant c'est terminé. Elle a intégré qu'elle avait eu un gros bobo quand elle était bébé, que que le docteur l’avait soignée, et que maintenant c'était guéri. Et elle le raconte à qui veut l'entendre!

Pâquerette savait donc parfaitement ce qu'on venait faire à l’hôpital, et elle était même plutôt à l'aise. Elle a adoré la salle d’attente plein de jouets, et, le plus surprenant, n'a pas versé une seule larme pendant l'examen. Alors qu'elle pleure toujours lors des visites chez la généraliste - adorable en plus - qui la suit depuis sa naissance... Elle grandit ma poulette. Je suis très fière d'elle, et elle n'était pas peu fière, elle aussi! Donc selon le chirurgien, le processus de cicatrisation se passe très bien. Prochain rendez-vous dans trois ans, elle a le temps d'oublier à nouveau le milieu hospitalier, et c'est tant mieux!

Nous concernant, nous n'allons pas tarder à remettre un pied dedans, notre retour en PMA étant fixé pour le 30 mai, ça va arriver vite. J'ai hâte et en même temps, la peur de chambouler l’équilibre retrouvé. Je me sens tellement bien dans ma vie en ce moment, la PMA semble loin derrière moi, enterrée, cicatrisée. Laissant une trace, oui, mais qui ne fait plus mal. 

Comme l'impression que ma cicatrice à moi risque de se rouvrir...


vendredi 3 mars 2017

Dans les starting blocks

Le temps finit par avancer finalement. Les jours rallongent, les bourgeons commencent à pointer le bout de leur nez. Ce n'est pas encore le printemps, mais on sait qu'il ne va pas tarder. Autour de moi, les bébés pleuvent. Un petit garçon le mois dernier, une petite fille née mercredi, et une autre de prévue pour juin... J'ai félicité. J'ai acheté des petits cadeaux. J'ai fait des gouzis gouzis. J'ai plutôt bien géré en fait, malgré quelques larmes vite camouflées. Mais tous ces nouveaux nés ont réactivé chez moi cette envie dévorante de pouponner. 

Je piaffe d'impatience comme une gamine qui attend d'aller à Disney Land! Et je me demande quand téléphoner pour prendre un rendez-vous. Mon chéri a dit OK pour fin mai ou début juin, je ne veux pas appeler trop tôt, ni appeler trop tard et perdre du temps... bref, j'attends encore un peu. Pis après il y aura l'attente du rdv, puis l'attente de la FIV, puis l'attente des résultats... Bref, après presque 3 ans à vivre normalement, je vais renouer avec l'attente. Mais auprès de ma puce, le temps passe tellement plus vite!


lundi 6 février 2017

2 ans

Déjà deux ans que notre petite puce m'a fait devenir une maman, deux ans qu'elle illumine notre vie, deux ans que nous formons une famille. Même si j'essaie de profiter de chaque instant, il faut admettre que ça passe très vite! 

La semaine dernière, j'ai trié des photos, et j'ai découvert quelque chose qui m'avait échappé, ou plutôt que j'avais aperçu, de loin, sans vouloir m'y attarder vraiment... Pâquerette n'est plus un bébé. Oui je sais bien que je ne suis pas originale, dans la catégorie "mère qui ne voit pas son enfant grandir". Vous pouvez vous moquer. Mais punaise, depuis qu'elle marche, elle a tellement changé! 

Pâquerette n'a vraiment abandonné le quatre pattes que début octobre, ça fait donc quatre mois qu'elle trotte fièrement sur ses deux jambes, refuse la poussette et parcours des distances de plus en plus longues. C'est une petite fille joyeuse et gourmande, qui adore les animaux, le chocolat, dire "badaboum!!", lire des histoires avec papa et maman, jouer à "dache-dache", patouiller dans l'eau, le sable, la terre, faire de la peinture, de la pâte à modeler... Prudente et réservée, elle n'aime pas les situations nouvelles, les bruits forts, l'aspirateur. Décidée, elle sait ce qu'elle veut (et ne veut pas) et nous le fait désormais savoir à grand renfort de NON. Ses progrès en langage sont fulgurants! Il y a encore pas si longtemps, elle n'utilisait pour communiquer qu'un petit stock de mots (maman, papa, tata, miam, boum, non), assorti de nombreux bruitages et gestes de son invention. Depuis deux mois environ, elle a commencé à répéter et maintenant on tourne à 4 ou 5 mots nouveaux par jour! Et elle formule depuis peu des petites phrases de 2 mots, comme "beau château", "doudou lapin"...

Bref, elle a changé du tout au tout. La crevette collée à moi 24h/24, l'allaitement que j'aurais tant aimé faire durer, les tout petits bodys, les premiers gazouillis, il y a tellement longtemps que tout ça, c'est fini! Aujourd’hui je suis l'heureuse maman, non plus d'un bébé, mais d'une petite fille qui pousse comme un champignon et porte du 3 ans. Des fois quand j'étends ses vêtements sur le fil à linge, je me dis que c'est impossible que cet immense pantalon aille à mon bébé! Et pourtant si. J'adore la nouvelle Pâquerette, celle qui s'invente des histoires avec ses Playmobils, joue au loto, aux puzzles, nous fait des bisous, des câlins, et même des "spectacles", mais j'avoue que j'ai quand même une pointe de nostalgie... revivra-t-on un jour ces premiers mois si particuliers, avec un autre bébé?

Pâquerette a donc soufflé sa deuxième bougie ce soir, pour notre plus grand bonheur... et le sien!

Joyeux Anniversaire mon poussin. 

dimanche 8 janvier 2017

Entre impatience et inquiétude...

Depuis que mon chéri a dit oui pour une reprise de la PMA à la rentrée prochaine, j'ai essayé de reprendre contact tout doucement avec la blogosphère, j'ai recommencé à suivre de loin les forums, bref j'ai remis un pied dans ce monde que j'ai quitté il n'y a pas si longtemps. Et, j'en suis la première surprise, mais ça m'a terriblement donné envie de m'y remettre! Je ressens même au fond de moi une pointe d'impatience à repartir au combat. Oui, je suis cinglée...

Quand je me pose deux secondes pour réfléchir je me rend bien compte que c'est absurde. Comme si je ne savais pas ce qui m'attend! Les rdv à gogo, les piqûres tous les soirs, les échos à répétition, les prises de sang au petit matin. Les absences au boulot, la fatigue des aller/retour au CHU, un corps bourré d’hormones et l'humeur massacrante qui va avec. Le stress, les espoirs, les échecs, le découragement. Les répercussion sur mon couple, les incompréhension et engueulades qui ne manqueront pas d’apparaître.

Il faut croire que l'envie d'un deuxième enfant est plus forte qu'il y a quelques mois, car tout ça ne m'inquiète presque plus. A tort sans doute, ce n'est pas parce qu'on a réussi à traverser ce parcours du combattant la première fois que la seconde sera une promenade de santé. Mais bon, au moins on sait où on met les pieds. Et je me dis - pour me rassurer - que le parcours sera forcément moins long. On ira directement en FIV ICSI, au lieu de passer des mois et des mois à chercher ce qui cloche, tenter des IAC, tenter des FIV classique... En une petite année ça pourrait être bouclé, le temps de faire les 4 FIV remboursées par la sécu. Après, advienne que pourra.

Je dis ça de manière très détachée, sans doute aussi pour me protéger. Mais au fond de moi je sais bien que s'il n'y a aucun bébé au bout de ces quatre tentatives, j'aurais du boulot derrière. De reconstruction. D'acceptation. De deuil d'une certaine façon. Mais une chose à la fois, restons PO SI TIFS et n'envisageons pas déjà le pire avant d'avoir commencé!

Non, ce qui m'inquiète en premier lieu, bien sûr, ce sont les répercussions de tout ça sur notre fille. Nous allons devoir la faire garder pour se rendre à certains rdv, être moins disponibles pour elle. Faire passer ce désir de deuxième enfant avant elle en quelques sortes, et ça j'assume pas trop. Même présente physiquement, j'ai peur d'être absente à l'intérieur, parce que préoccupée par la tentative, ou abattue par l'échec. Je crains d'être moins patiente car fatiguée et stressée. Je ne veux pas passer à côté des petits bonheurs qu'elle nous apporte chaque jour. Je ne veux pas me sentir triste alors que je l'ai, elle, mon plus beau trésor...

Bref, entre impatience et inquiétude, ça se bouscule dans ma petite tête! Mais l'idée fait son chemin, tout doucement... il reste encore du temps, beaucoup de temps, mais en parler m'aide à me préparer, d'une certaine façon...